dimanche 15 février 2009

Si seulement...

Moi, Albert Jacquard, ministre de l’Éducation, je décrète :

Par Albert Jacquard

Préambule :

L’Éducation nationale ne doit pas préparer les jeunes dont l’économie ou la société ont besoin. La finalité de l’éducation est de provoquer une métamorphose chez un être pour qu’il sorte de lui-même, surmonte sa peur de l’étranger, et rencontre le monde où il vit à travers le savoir. Moi, ministre de l’Éducation nationale, je n’ai qu’une obsession : que tous ceux qui me sont confiés apprennent à regarder les autres et leur environnement, à écouter, discuter, échanger, s’exprimer, s’émerveiller. À la société de s’arranger avec ceux qui sortent de l’école, aux entreprises d’organiser les évaluations et la formation de leur personnel à l’entrée des fonctions. Il faut que les rôles cessent d’être inversés :

l’éducation nationale ne produira plus de chair à profit.

Article premier : Il faut supprimer tout esprit de compétition à l’école. Le moteur de notre société occidentale est la compétition, et c’est un moteur suicidaire. Il ne faut plus apprendre pour et à être le premier.

Article deuxième : L’évaluation notée est abandonnée.

Apprécier une copie, ou pire encore, une intelligence avec un nombre, c’est unidimentionnaliser les capacités des élèves.

Elle sera remplacée par l’émulation. Ce principe, plus sain, permettra la comparaison pour progresser, et non pour dépasser les camarades de classe. Mettre des mots à la place des notes sera plus approprié.


Article troisième : Les examens restent dans leur principe, sachant que seuls les examens ratés par l’élève sont valables. Ils sont utiles aux professeurs pour évaluer la compréhension des élèves. Mais les diplômes ou les concours comme le baccalauréat sont une perte de temps et sont abolis. Sur tous les frontons des lycées figurera l’inscription : " Que personne ne rentre ici s’il veut préparer des examens. "


Article quatrième : Les grandes écoles (Polytechnique, l’ENA…) sont remises en question dans leur mode de recrutement. La sélection, corollaire nécessaire de la concurrence, et qui régissait l’entrée dans ces établissements, ne produisait que des personnalités conformistes, incapables de créativité et d’imagination. Pour entrer à l’ENA, des jeunes de vingt-cinq ans devaient plaire à des vieux de cinquante ans. Ce n’était pas bon signe.

Article cinquième : Les enseignants n’ont plus le droit de se renseigner sur l’âge de leurs élèves. Les dates de naissances doivent être rayées de tous les documents scolaires, sauf pour le médecin de l’école. Il n’est plus question de dire qu’un enfant est en retard ou en avance, car c’est un instrument de sélection. Chacun doit avancer sur le chemin du savoir à son rythme, et sans culpabilisation ou fierté par rapport aux camarades de classe. Par contre, un professeur a le devoir de demander à l’élève ce qu’il sait faire pour adapter son enseignement, éventuellement programmer un redoublement. Le redoublement est d’une réelle utilité s’il n’a pas de connotation de jugement.

Article sixième : Chaque professeur sera assisté d’un professeur de philosophie. Il faut en effet doubler l’accumulation des connaissances d’une approche par les concepts. Il faut en particulier passer par l’histoire des sciences, restituer les connaissances par rapport aux erreurs historiques d’interprétation des savoirs. Il faut que les élèves aient conscience des enjeux politiques qui se cachent derrière le progrès scientifique. On pourra rester quelques semaines sur un même concept, plutôt que de saupoudrer du savoir dans chaque cours.


Article septième : Le travail des professeurs par disciplines est annulé au profit du travail en équipe. La progression du travail des classes ne doit pas être perturbée par des impératifs de programme.


Article huitième : Chaque personne disposera dans sa vie, vers la fin de la trentaine, de quatre années sabbatiques afin de faire le point, se réorienter, apprendre d’autres choses. Chacun a le droit de vouloir changer de métier ou de vocation, parce qu’il n’est pas évident de se déterminer définitivement à dix-huit ans.


Article neuvième : le ministère de l’Économie ne dictera plus ses besoins au ministère de l’Éducation. Dorénavant, le ministre de l’Économie donnera tous les moyens nécessaires à l’Éducation nationale pour réussir sa vocation.

Paru le 22 mars 1999 l’Humanité

Je ne sais pas, vous, mais moi, j'aimerais beaucoup...


mercredi 11 février 2009

J'avais presque oublié...

( C'est votre deuxième passage ? Tant mieux ! Vous ne revenez pas pour rien. J'ai ajouté des liens un peu partout, laissez votre souris vagabonder...)

Le 15 janvier dernier, l'
écureuil m'a
taguée pour que je cite 6 livres qui m'ont bien plu... Mieux vaut tard que jamais, pensez-vous tout bas... Vous avez raison et vous pouvez vous moquer!

Pourtant, l'idée d'écrire un billet sur des livres me plaisait bien et je m'étais même engagée à relever le défi pour le dimanche. Mais d'autres sujets ont accaparé mon temps, et j'avais presque oublié...

En matière de tag (ou tague ?), je ne connais pas grand chose. Même pas l'orthographe !
Grâce à walkingthedog, qui m'a initiée à ce petit jeu (un tag sur mon inculture), j'ai compris que c'était une chaîne, prétexte à créer des liens vers d'autres blogs...

Il y a des règles à respecter.
(Y a-t-il toujours un délai à tenir ?)
Ceci dit mon tagueur ne les a pas forcément respectées non plus, puisqu'il a transformé "livres" en "films" ... (la preuve)
J'ai compris qu'il fallait citer son tagueur (ce que j'ai fait plus haut) et renvoyer la balle à la fin de l'envoi, en taguant de nouvelles cibles... (Ce que je ferai plus bas.)
Et évidemment, traiter le sujet.


Bon, après cette intro un peu longue, j'attaque le sujet.

Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué d' Howard Buten

C'est étrange. J'étais persuadée avoir lu ce livre pendant mon adolescence.
1981, je n'étais pourtant plus une ado. C'était mes premiers pas, toute seule, dans une classe... Je me souviens ce trac énorme, cette responsabilité sur mes épaules.
Est-ce pour ça que ce livre m'a autant bouleversée ? Est-il responsable en partie de certains de mes choix professionnels?
Plus tard, je l'ai relu et l'émotion était toujours là, aussi forte.

Gil, un petit garçon normal, " enfermé " dans un établissement spécialisé pour y être soigné... Sauf qu’on ne voit pas très bien ce qu’il y a à soigner...



La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Philippe Delerm
Un pur moment de bonheur pour moi.
Plusieurs récits très courts pour raconter les
petits plaisirs quotidiens les plus insignifiants.
Si vous voulez juger vous même , il suffit d'un clic sur : la bicyclette et le vélo



Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis,

parce que c'est plein d'humour et tellement bien vu ce portrait de l'Homme et de son évolution. Tellement proche de nous, même si nous sommes en pleine préhistoire.
Si vous ne connaissez pas, faites la connaissance de cette famille d'homo erectus:
Edouard, le père, adepte du progrès, découvreur du feu qui n'hésite pas à exploiter
outrageusement les ressources de la Nature.
L’oncle Vania, le vieil écolo réfractaire au progrès, qui prône le retour à la nature (« Back to the trees ! ») et dénigre les inventions d’Edouard.
Et tous les autres, aussi truculents... le fils qui passe pour idiot, la mère, les femmes en général qui ne s'en laissent pas compter....

"Ta saloperie de feu va vous éteindre tous,
toi et ton espèce, et en un rien de temps, crois-moi !
YAH ! Je remonte sur mon arbre, cette fois tu as passé les bornes, Edouard, et rappelle-toi, le brontosaure aussi avait passé les bornes, où est-il a présent ?
Back to the trees !
clama-t-il en cri de ralliement. Retour aux arbres !"


Je vais finir la série de 6 avec une trilogie (c'est triché ?) de Yasmina Khadra (une interview
sur son prénom et plus encore sur son nom)
Je venais de lire Les cerfs-volants de Kaboul de K. Hosseini et j'avais été emportée. J'avais envie de continuer le voyage avec un autre auteur. Je n'ai pas été déçue.

Les hirondelles de Kaboul

Extrait :

"Simplement parce que la foule hurlait, j’ai hurlé avec elle, simplement parce qu’elle a réclamé du sang, je l’ai exigé."
L'attentat
Extrait :

"Je ne me souviens pas d'avoir entendu la déflagration. Un sifflement peut-être, comme le crissement d'un tissu que l'on déchire, mais je n'en suis pas sûr. Mon attention était détournée par cette sorte de divinité autour de laquelle essaimait une meute d'ouailles alors que sa garde prétorienne tentait de lui frayer un passage jusqu'à son véhicule."

Les sirènes de Bagdad
Extrait :

"Beyrouth retrouve sa nuit et s'en voile la face. Si les émeutes de la veille ne l'ont pas éveillée à elle-même, c'est la preuve qu'elle dort en marchant. Dans la tradition ancestrale, on ne dérange pas un somnambule, pas même lorsqu'il court à sa perte."

L'attentat est celui que j'ai trouvé le plus fort des trois.

Je termine par une trilogie parce que je ne sais pas choisir parmi les autres titres que j'ai en tête...

Ne sélectionner que 6 livres qui m'ont plu, n'a pas été une mince affaire !
Dans une prochaine vie, je serai lectrice.
J'aurais pu en citer tellement d'autres qu'il faudra que
je recommence...
Alors, je passe le relais à :
Bérénice,
(quand tu seras revenue de ton escapade, tu devrais apprécier... )
Macao (je sais que tu n'aimes pas ces trucs, mais parler de livres, ça devrait te plaire),
Christophe (tu n'as pas le temps de lire, je sais. Mais des films, des BD ?)
Hadès, (encore faudrait-il qu'il
se promène par ici !)
Nanou, (des auteurs guyanais ? entre deux cartons ?)et peut-être aussi le Papé ?


lundi 9 février 2009

Balade à ...

Je vous disais hier, que j'allais faire un tour.
Je vous avais même montré une carte postale de ma destination.
Pour Macao, qui voulait en savoir plus, je me suis essayée à une nouveauté :
un petit montage vidéo de mes photos du dimanche.

Nouveauté qui m'a pris un peu plus de temps que prévu... Je suis en retard sur le timing promis. Comme souvent...
J'ai préféré les ruelles désertes à l'animation du village.
Je vous laisse découvrir.




C'est une tradition, le deuxième dimanche de février, dans ce village de l'Hérault, c'est la fête ! Et il y a du monde...

P. S. : Je me rends compte, une fois en ligne, que c'est tout petit ce format... je vais ajouter un billet intermédiaire avec juste des photos.

balade en images...


Roquebrun
baigné par l'Orb mimosas en fête

dédale de ruelles
et portes closes


je vous assure qu'il n'est pas désert ce village,
il y a foule en bas, pour le défilé des chars
et les bouquets de mimosas...

mais pas de ce côté...

Je préfère fuir la foule


mais si vous voulez un aperçu, c'est par là...

dimanche 8 février 2009

sûrement un fond de vérité...

Dimanche de vacances. Ciel bleu et soleil dans ma région.

Je vais aller faire un tour...

Mais je vous
laisse un peu de lecture.

"En 1960, j'allais encore à l'école et j'étais un élève studieux qui apprenait toutes ses leçons. D'ailleurs je me souviens bien de mon manuel scolaire catholique et, entre autre, du texte ci joint.

Fort de cette éducation, j'ai cherché celle qui correspondait à ce que j'avais appris et................ je n'ai jamais trouvé cette perle !......
Moralité ? Les filles n'apprennent pas leurs leçons. " m'écrit un célibataire endurci ...
et de me joindre un texte que je vous colle en lecture ici...
C'est assez drôle.
... les années 60, c'était aussi "sex, drug and rock and roll", non ? !


samedi 31 janvier 2009

il était une fois Montpellier, un 29 janvier...


flashback en chanson








juste parce que ça me fait plaisir...
pour ce week-end je travaille avec ma fille, pas le temps d'en faire plus...

vendredi 30 janvier 2009

différences de vues...

Hier: grève, manifestations, beaucoup de monde dans la rue, des réactions diverses... des chiffres parfois très différents... je pense qu'on a été vu et que la lutte va continuer...
Aujourd'hui deux articles attirent mon attention...
En France...

Le Planning familial est en danger.
Une pétition a été mise en ligne le 29 janvier pour "défendre le droit à l'information, à l'éducation à la sexualité pour tous", réaffirmant une mission de service public que l'on connaît depuis plus de cinquante ans. Fin janvier, un tiers de ses associations est menacée de fermeture: le gouvernement a réduit de 42% en 2009 le montant affecté au conseil conjugal et familial. En 2010, l'enveloppe budgétaire sera purement et simplement supprimée.
lire la suite sur Rue 89

Aux Etats Unis...

[...] Pour relancer l'emploi, ce plan offre des avantages fiscaux pour les employeurs qui embauchent, mais prévoit aussi des investissements dans de grands chantiers publics : santé, éducation, transports... M. Obama en attend 3 millions à 4 millions d'emplois sur deux ans. Ce plan inclut aussi des mesures sociales, comme le refinancement public des associations du planning familial aboli sous M. Bush.[...]
in le Monde.fr...




si ce n'est fait, peut-être aurez-vous envie de laisser votre autographe dans les pétitions signalées en haut à droite...

mercredi 28 janvier 2009

échantillons de vidéos...

C'est pas tout neuf, mais toujours d'actualité.... allez chez eux, l'image est meilleure...




pour rappel...









ça colle pas mal, non?

Je conseille aussi un petit film diffusé chez Trublyonne... instructif.

dimanche 25 janvier 2009

petite marche dans les rues de Lodève...

En guise d'info locale, avant de changer d'air,

juste un petit retour en images, sur la matinée de samedi matin...


à Lodève.

Juste parce que



ça fait du bien au moral
de voir qu'il y en pas mal d'autres qui partagent mes inquiétudes...


et pourtant, l'âge aidant, je suis de plus en plus agoraphobe!



prochain rendez-vous jeudi 29...



en attendant un clic en couleur
pour ceux qui voudraient découvrir Lodève et le Lodévois ...