mercredi 26 novembre 2008
Pourquoi tant de haine?
J'aime beaucoup celle-ci: "L'Insoumis" à la manière de Boris Vian, la Cigale à mon avis, appréciera...
D'autres plus classiques en cliquant ici et là, si vous n'en lisez qu'une, je vous suggère celle d'une psychologue scolaire. (clic)
Je trouve que ces lettres sont un bon moyen d'attirer l'attention, de communiquer. Je trouve qu'il est essentiel parfois de ne pas obéir.
Tout le monde ne partage pas cet avis, soit. Mais ce commentaire lu à la suite d'une de ces lettres m'a atterrée... pure provoc? affabulation?
turbide roger le 19/11/2008 à 12:56:46
je suis cardiologue, je n'ai aucun respect pour les enseignants, issu d'un milieu hyper enseignant, père, mère cousin oncle tante parrain marraine, femme, copines, + de 25 au total, votre idée d'égalité est une chimère, elle est bête et puérile, à un certain âge il vous faut sortir de l'adolescence. Vous enseignants, vous EN, vous ministres et autres incapables vos résultats sont NULS. contrairement au martélement syndicats-médias-enseignants vous etes TOUS des nuls et vous étes très haîs par ceux qui ont autres choses que de la guimauve de le cerveau. vos luttes sont déassées, iniques et infantiles. Roger Turbide Cardiologue/Médecin du sport plus 11 diplômes de médecine, un DEUG d'histoire et sociologie et une maitrise d'Anglais, soit une formation autre que les bas de caisse des enseignants.
la lettre en question et plus de commentaires c'est ici.
dimanche 23 novembre 2008
Mon beau sapin ...
et pour votre plaisir une BD à lire.
Monbeausapin.org est un site de bande dessinée en ligne, qui présente un auteur différent chaque jour.
Le truc en plus, c'est que toutes les visites sont comptabilisées. Et juste avant Noël, grâce à son partenaire Orange, Monbeausapin.org versera à la Croix-Rouge Française une somme proportionnelle au nombre de visiteurs total. Ce don sera offert à l'opération "Arbres de Noël" de la Croix Rouge, afin d'offrir des cadeaux aux enfants défavorisés.
Il n'y a rien à cliquer, rien à acheter, il suffit de venir lire de la BD, et en parler autour de soi !
N'hésitez pas à relayer l'information sur vos sites et blogs.
Découvrez Duke Ellington & His Orchestra!
mardi 18 novembre 2008
Women in art ...
Moi, je viens seulement de découvrir et je me dis qu'il y en a bien quelques uns parmi vous qui ne connaissent pas encore.
C'est une vidéo réalisée par eggman913, en ligne depuis longtemps déjà, qui aurait été visionnée plusieurs millions de fois rien que sur YouTube ...
WOMEN IN ART sur fond de Sarabande de la Suite pour Violoncelle n° 1 de Bach. par Yo-Yo Ma
Si vous avez joué à reconnaître les œuvres et que vous voulez vérifier, un clic sur: la liste des œuvres
Si vous en voulez d'autres, faites un tour chez Philip Scott Johnson en cliquant ici ou là.
samedi 15 novembre 2008
Au risque de paraître un peu lourde ...
Le travail des enseignants spécialisés du RASED, c'est d’aider les élèves. Il est constitué d’un maître E, chargé de l’aide pédagogique, d’un maître G, chargé de l’aide rééducative et d’un psychologue scolaire.
Avec le maître E, on travaille en petits groupes , quand c’est trop dur, quand ça va trop vite, quand on mélange tout… bref, quand on ne sait pas comment faire pour lire, écrire, calculer, etc… Avec le maître E, l’élève apprend à réfléchir, à se souvenir, à savoir faire.
Lorsqu’un enfant n’arrive pas à travailler, parce qu’il est débordé par ses émotions, parce qu’il a des difficultés à être avec les autres, parce qu’il n’a pas envie d’apprendre, parce qu’il a trop de soucis ou de pensées dans sa tête, parce qu’il se sent malheureux en classe ou à l’école, il va avec le maître G (ou rééducateur).En dessinant, en jouant, en construisant, en créant,
l’enfant arrive à se libérer de ce qui l’empêche d’apprendre.
Le psychologue scolaire fait le lien entre l’enfant, la famille, l’école et les structures extérieures et favorise la communication entre tous.
Il utilise des tests, des dessins et la parole de l’enfant pour mieux comprendre sa difficulté et les raisons qui l’empêchent d’apprendre et de se sentir bien à l’école.
Il aide à l’orientation.
Ceci afin de trouver la solution la mieux adaptée.
Les 2h de soutien scolaire, prévues par les nouvelles directives ministérielles sont organisées par les enseignants des classes, hors temps scolaire.
Cet accompagnement individualisé s’adresse aux élèves ayant des difficultés ponctuelles sur certaines notions du programme.
Le travail du RASED n’est pas du soutien. Il s’adresse à l’élève ayant des difficultés globales et persistantes.
Merci au Rased de Baillargues pour leur site ...
Et si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à déposer vos questions.
Découvrez Dave Brubeck!
Il connait le sujet ....
Alors, si ça vous dit, vous pouvez cliquer sur les différents liens.
Je vous propose de lire l’argumentaire officiel pour justifier la suppression des RASED, c'est ici
et bien sûr, une réponse reprenant point par point l'argumentaire en question , c'est ici.
ou encore, deux lettres que j'aime bien lire pour me remonter le moral : désobéissance et soutien
lundi 3 novembre 2008
La grenouille qui ne savait pas qu'elle était cuite ....
Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper.
L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant.
L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie,
alors elle supporte et ne fait rien.La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.
Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.
Cette expérience montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte.
[ ... ]
Chaque fois qu’un changement est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une bonne mémoire pour s’en rendre compte. Il semble que l’une et l’autre soient aujourd’hui chose rare.
Sans conscience, nous devenons moins qu’ humain.
Sans mémoire, nous pourrions passer chaque jour de la clarté à la nuit (et inversement) sans nous en rendre compte, car les changements d’intensité lumineuse sont trop lents pour être perçus par la pupille humaine. C’est la mémoire qui nous fait prendre conscience a posteriori de l’alternance du jour et de la nuit.
Gavée par trop d’informations inutiles, la mémoire s’émousse.
Abrutie par un excès de stimulations sensorielles, la conscience s’endort.
Vous connaissez peut-être déjà cette parabole, qui ne date pas d'aujourd'hui, c'est vrai. Elle mérite qu'on s'y attarde, non?
Il s'agit d'un texte d'Olivier Clerc, pour aller sur son site et lire le texte dans son intégralité clic ici,
Pour les références du livres, clic là.
Pour des commentaires, la procédure habituelle ...
Découvrez Guillaume Ledent!
vendredi 31 octobre 2008
témoignage
La suppression des réseaux d’aides spécialisées est programmée : dans les 3 ans à venir, tous les maîtres E et G dispensant une aide aux élèves et aux enseignants en difficulté seront retournés en classe ordinaire ou se seront reconvertis dans une option préservée (celles du sensible collège et celles du handicap).
Ce sont 9000 enseignants qui ne sont pas “licenciés” mais sommés de revenir en arrière, eux qui avaient fait le choix de se spécialiser, c’est-à-dire de lâcher le connu, de se remettre en cause, de changer de repères pour s’investir.
Ils ne perdent pas leur emploi, mais ils perdent de fait leur “travail” auprès des élèves, auprès des enseignants et sur eux-mêmes. Leur “valeur” professionnelle est niée. Si leur indemnité devrait être maintenue (une misère) et si l’on prétend leur accorder un rôle de “personne-ressource”, le choix de mettre fin aux formations E et G montre bien qu’il ne s’agit pas d’une reconnaissance de valeur mais d’une aumône.
Ces enseignants sont de simples objets, entièrement soumis à la loi du marché et dont il est possible de se débarrasser sous prétexte qu’ils sont devenus encombrants dans une politique de restriction. C’est donc aussi leur statut de sujet qui est mis en cause, c’est dans leur subjectivité qu’ils sont attaqués. Ne doutons pas du coup porté à leur estime de soi et à leur investissement, de l’épuisement de leur capacité à recommencer, à trouver l’énergie nécessaire à l’élan. Je pense notamment à tous ceux qui sont actuellement en formation ou qui en sont depuis peu sortis.
Le fonctionnement et les dysfonctionnements des réseaux méritaient sans doute d’être questionnés, au regard des fonctionnements et dysfonctionnements des circonscriptions qui sont peu à avoir réellement intégré le RASED dans leur politique.
Mais a-t-on pris la mesure du rôle que ces réseaux jouaient à contenir les angoisses et les malaises des enseignants, les angoisses et les colères des parents ?
A-t-on une idée de leur énergie à mobiliser l’action et à stimuler la réflexion des équipes d’école en proie à la dépression ?
A-t-on pris la mesure du rôle de rouage, que jouaient ces enseignants spécialisés (les E notamment) et dont les IEN parfois abusaient, dans la compréhension et la mise en œuvre des nouveaux dispositifs (évaluations nationales, socle commun, PPRE, ...) ?
A-t-on suffisamment évalué le rôle qu’ils jouaient dans le dépistage des situations de handicap, leur rôle d’interpellation des équipes d’école, et de premier accompagnement de celles-ci comme des familles ?
A-t-on simplement essayé de cerner l’influence “à long terme” du rapport à l’école des élèves suivis par le réseau ?
J’ai la faiblesse de penser que le RASED, s’il n’a pas permis la réussite de tous les élèves accompagnés, a évité le décrochage scolaire précoce de bien d’entre eux, leur a permis d’engranger quelques expériences positives relatives à l’école, ce qui leur servira de base pour devenir de jeunes parents investissant l’école pour leurs enfants... mais peut-être suis-je naïve ?
Je vais prendre le risque du pronostic : la suppression des RASED devrait conduire à une augmentation des demandes de reconnaissance de handicap dans les champs des troubles du comportement (par la disparition des maîtres G alors que le secteur pédo-psychiatrique est très insuffisant et par l’augmentation des élèves qui se sentiront lâchés dans un monde scolaire “hors de leur portée”) et dans celui des troubles du langage (par la disparition des maîtres E qui contribuaient fortement à l’apprentissage du lire-écrire des élèves les plus fragiles). Ce sont les deux domaines qui voient déjà le plus fort taux de “dossiers” n’aboutissant pas à une reconnaissance de handicap et qui posent le plus de problèmes, d’encombrement et de conscience, aux MDPH. L’augmentation devrait également toucher les départs en SEGPA alors que l’on observait un ralentissement ces dernières années.
Et je n’ose même pas parler du climat dans les écoles...
Comment peut-on vouloir cacher que, si les réseaux n’ont pas atteint tous les résultats escomptés, c’est d’abord et avant tout parce que les enseignants des classes se sentent démunis face à la difficulté et que l’on retombe toujours dans un système de renvoi de celle-ci vers le spécialiste au lieu d’avoir une co-responsabilité et une réelle co-élaboration ? Imagine-t-on vraiment qu’en supprimant ces “spécialistes” et en obligeant les enseignants des classes à répondre eux-mêmes aux besoins des élèves en difficulté, ils vont d’un coup se sentir “compétents” face à toute situation ?
En faisant ce pronostic, je n’ai pas le sentiment de jouer à l’oiseau de mauvais augure. Des oiseaux assez noirs se penchent ces derniers temps sur les jeunes années de nos enfants, de nos élèves qui ne sont, somme toute, que des gouffres financiers.
Mais que penser d’une nation qui ne parie pas sur sa jeunesse ? Que dire d’une République qui abandonne son école ?
Découvrez Idir!
Action parisienne ...
Trois associations de défense d'enseignants spécialistes de la difficulté scolaire en primaire (Rased) et une intersyndicale appellent à un rassemblement mardi à Paris devant l'Assemblée nationale pour défendre ces postes dont 3.000 seront supprimés en 2009.
Mardi, les députés commencent l'examen du budget de l'enseignement scolaire pour 2009, qui prévoit 13.500 suppressions de postes, dont 3.000 de professeurs intervenant au sein des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased).
Au lieu d'intervenir auprès de petits groupes d'élèves, en plus du maître de la classe ordinaire, ces 3.000 enseignants (sur 15.000 au total si on inclut les psychologues scolaires) seront réaffectés, chacun, devant une classe entière.
Trois associations représentant les trois composantes de ces maîtres spécialisés, la Fnaren (rééducateurs, ou "maîtres G"), la Fname (psychopédagogues, ou "maîtres E") et l'Afpen (psychologues) organisent un rassemblement" mardi à partir de 9H30, ont annoncé plusieurs sources syndicales à l'AFP.
Appellent également les syndicats SNUipp-FSU (premier dans les écoles), Se-Unsa, Sgen-CFDT, Ferc-CGT, ont-ils précisé.
"Ce rassemblement va mettre en scène les 3.000 postes des Rased supprimés", écrit la CGT dans un communiqué, demandant "la révision du projet budgétaire".
Dans un communiqué distinct, le SE-Unsa fait savoir qu'il demande, localement, à ses membres d'envoyer une motion ou une lettre à leur député et sénateur.
Un appel demandant le maintien de ces postes avait recueilli un peu plus de 82.000 signatures jeudi.
La pétition
http://sauvons-lecole.over-blog.com
dimanche 26 octobre 2008
Relais d'informations
Donc, ici, un article paru sur le blog "Sauvons l'école"
Xavier Darcos a annoncé la suppression de 3 000 postes de maîtres spécialisés.
Trois fois par semaine, Amandine, 8 ans, en CE1, quitte sa classe et part travailler quarante-cinq minutes avec un instituteur spécialisé.
A la suite d’une naissance difficile, elle a des problèmes de mémoire. L’enseignant lui fait revoir, avec deux autres élèves, les apprentissages de base, à travers le jeu, le dessin ou simplement le dialogue.
Mais sa mère, Nathalie, est inquiète : «On m’a dit que, l’an prochain, cet instituteur ne serait sans doute plus là. Il faudra alors qu’elle s’inscrive à l’aide individualisée que les instituteurs normaux font désormais.
Dans son école, c’est deux fois par semaine de 11 h 30 à 12 h 30. Une catastrophe : Amandine sera bien trop fatiguée pour pouvoir progresser. En plus, elle aura faim.» Dans le cadre du budget 2009, le ministre de l’Education Xavier Darcos a annoncé la suppression de 3 000 postes de maîtres spécialisés des Rased (Réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficultés).
Officiellement il s’agit d’«optimiser» les moyens, ces enseignants seraient trop dispersés : intervenant sur plusieurs écoles, ils perdent du temps dans les transports… On va donc les «sédentariser» dans des classes. Les élèves ne vont pas en souffrir, assure le ministère, puisque, depuis la suppression du samedi matin, les professeurs doivent dispenser deux heures de soutien par semaine aux enfants en difficultés.
Stigmatisation. Faux, rétorquent les syndicats : il s’agit d’une formidable «régression dans le traitement de la difficulté scolaire», dans le seul but de faire des économies. Les enseignants classiques peuvent résoudre des problèmes ponctuels d’élèves bloqués sur un point. Mais ils ne peuvent remplacer les spécialistes des Rased qui ont suivi une formation supplémentaire d’un an - les maîtres G encore appelés les rééducateurs, et les maîtres E qui reviennent sur les acquis de base. Les psychologues scolaires - troisième élément des Rased - sont, eux, épargnés par les suppressions de postes.
Martine, 51 ans, a été institutrice vingt ans en maternelle avant de devenir maître G dans le XIXe arrondissement de Paris. Elle intervient dans cinq écoles. A la veille des vacances de la Toussaint, les enseignants lui ont déjà signalé quarante enfants perdus dans leur classe, de la moyenne section de maternelle au CM2. La plupart du temps, ils sont issus de milieux défavorisés. «Ce sont eux qui vont le plus souffrir de notre disparition.» Les enfants qu’elle prend en charge sont «agités, violents ou inhibés, raconte-t-elle. Certains ne supportent pas le regard de l’adulte, d’autres ne tiennent pas assis, d’autres encore n’ont aucune idée de ce qu’est l’école, ils ne savent pas ce qu’ils y font. Il y en a aussi qui sont transparents. Ils n’ont pas de désir, ils ont du chagrin, beaucoup de lassitude, du renoncement. Ils répètent : "Je ne sais pas faire, c’est trop dur."» Martine prend chacun d’eux trois quarts d’heure une fois par semaine et voit les parents, souvent démunis face à l’école : «Le but est que l’enfant puisse apprendre. Car il a des problèmes dans la tête qui l’en empêchent.» Nathalie, la mère d’Amandine, craint désormais la stigmatisation de sa fille. Elle habite dans un quartier cossu de Sceaux, dans la banlieue sud de Paris. Il y a peu d’enfants en difficulté dans l’école. Du coup, dès cette année on lui a proposé de mettre sa fille en soutien le mardi - «comme elle a déjà de l’orthophonie le soir, cela fait une journée très lourde», regrette Nathalie. Surtout, les autres élèves partent à 11 h 30 à la cantine : «Ma fille et les deux autres élèves en difficulté les regardent partir par la fenêtre. Ils vont ensuite manger alors que les autres enfants sont déjà en récréation.» Maître G à Nice, Céline Florentino, 39 ans, préside l’Aren 06 (Association des rééducateurs de l’éducation nationale des Alpes-Maritimes) raconte le stress aujourd’hui au sein de la profession où une pétition circule (Sauvonslesrased.org).
«C’est l’incertitude sur ce que nous allons devenir, explique-t-elle, on a entendu dire que pour garder notre statut et notre prime royale de 68 euros brut par mois, 60 euros net, il faudrait qu’on postule vers des postes particuliers : des classes difficiles dans les ZEP ou des classes réservées aux enfants handicapés, comme les Clis (classes d’intégration scolaire) dans le primaire. Tout le contraire de notre démarche : nous travaillons pour remettre l’enfant dans la classe.»
Vague. Le ministre est resté dans le vague, parlant d’«installer ces maîtres dans des écoles où manifestement on a plus de besoins, pour qu’ils prennent une partie des classes qui ne vont pas bien». Beaucoup craignent le retour aux «classes d’adaptation» où l’on regroupait les enfants en difficulté. Selon certaines sources, les maîtres E et G seraient condamnés à disparaître d’ici trois ans. La formation, en tout cas, a déjà été suspendue.
jeudi 23 octobre 2008
Petit conte, drôles de comptes et mauvais calculs

par Pierre Frackowiak (ancien instituteur, Inspecteur de l'Education Nationale à Douai )
Dame l’Education déprimait depuis quelques années. Les nuages s’accumulaient au-dessus de sa tête. 2002 avait été une très mauvaise année, la première d’une série au cours de laquelle son moral ne cessait de se dégrader.
D’aucuns, fort écoutés en haut lieu, lui répétaient qu’elle ne fabriquait que des crétins.
Un comte brièvement célèbre lui imposait de revenir à « roro lave la moto de polo » pour apprendre à lire aux petits enfants. Surtout pas l’auto ni paulo, car pour le comte, il faut d’abord construire les bases et o doit être maîtrisé avant d’aborder au et l’eau. On sait bien qu’il faut d’abord apprendre à être bête pour espérer devenir intelligent plus tard.
Un adjoint d’évêque (de Latran) réussissait à la convaincre en 2007 qu’elle n’avait fait que des bêtises depuis 30 ans, qu’elle coûtait trop cher, qu’elle produisait 15% d’élèves en difficulté en 6ème et qu’il fallait la réformer.
Considérant que tout avait donc lamentablement échoué depuis la fin de la fin de l’agonie de la mère de Dame l’Education, communément nommée « Ecole de Jules », les princes qui la gouvernent ont décrété qu’il fallait ressusciter l’ancêtre et prendre des mesures radicales.
On imposa de nouveaux programmes en reprenant simplement, mais pas purement, les vieux du siècle dernier. On les alourdit un peu, juste pour tenir compte de la réduction prévue du temps scolaire et de la suppression de la formation des maîtres. On répéta dans les étranges lucarnes habituées à jouer de la nostalgie que ces programmes étaient simples, de manière à obtenir 99, 67% d’opinions favorables dans les sondages d’opinions à la mode.
Tout cela ne pouvant suffire pour réformer durablement, on décida donc de lui arracher un bras.
« Dame l’Education, lui dit-on, ne vous inquiétez pas. Cela vous fera un peu mal. Mais après, cela ira mieux. Plus de RASED, plus de projets éducatifs locaux. On vous donnera des cachets pour apaiser la douleur : le soutien hors temps scolaire et des stages pendant les vacances qui coûteront bien moins cher que le bras et que la veste à deux manches. »
« Pas d’objection, s’il vous plaît. Cessez de dire que ces médicaments ne sont que placebo et anti douleurs mais qu’ils ne peuvent remplacer votre bras. C’est insupportable. Vous refusez les réformes. Vous n’êtes pas loyale. Vous êtes conservatrice. Regardez : même les chefs et les sous-chefs affirment qu’il faut bien accepter d’essayer, que l’on ne peut pas refuser, que les fonctionnaires doivent fonctionner. S’il le faut, on ajoutera des scrogneugneu et des jugulaires. Rompez ! »
C’est vrai que l’on n’avait jamais essayé. Personne n’y avait pensé.
Retenant difficilement ses larmes, Dame Education se dit tout bas : « J’ai mal. Et jamais je ne réussirai à faire avec un bras ce que je ne réussissais pas à faire avec deux ! »
Des chefs se livrèrent à quelques calculs. Soutenir l’ablation des bras pourrait leur rapporter la reconnaissance des puissants. Ils se mirent à parcourir les territoires pour battre leur coulpe : « Vous n’avez fait que des bêtises depuis 30 ans. Nous aussi d’ailleurs. Notre maître a trouvé les solutions : réduire les comptes de dépenses pour travailler mieux. » Ils se concertèrent pour déclarer qu’il fallait bien essayer « dans l’intérêt des enfants », que donner du soutien gratuit est à la fois noble et républicain, qu’ils brancheraient électrodes, prises USB, power point et statistiques pour faire comprendre que la douleur est nécessaire, que les efforts considérables qui avaient été réalisés, par exemple, en 1989/90, pour muscler les bras et les cerveaux n’avaient pas de sens…D’autres tentaient timidement de résister. Discrètement, loyauté oblige !
Mais ce petit conte, avec ses drôles de comptes et ses mauvais calculs, n’est-il pas un conte à dormir debout ?
Tout à fait, braves gens. D’ailleurs, on voit beaucoup de personnes endormies, debout. En scrutant un peu le paysage, on en aperçoit qui sont bien courbées et même couchées. Il est vrai que pour l’heure, on leur a laissé leurs bras pour porter leurs ordinateurs et leurs camemberts. Pour combien de temps ?
pétition en ligne ici
dimanche 19 octobre 2008
Sécurité de l'emploi ...
(si, dans la rubrique précédente, le commentaire de La Cigale , vous a échappé, je vous propose le clip en direct ...)
Je suis enseignante spécialisée, on supprime ma profession.
La belle affaire!
Je reste une privilégiée, j'ai toujours un emploi, qui plus est, enseignante en face d'une classe ... tout à fait dans mes cordes!
Par contre, tous ces enfants en rupture scolaire, avec lesquels je travaille encore pour quelques mois, que deviennent-ils?
Ne me faites pas rire avec les 2 heures hebdomadaires d'aide personnalisée ... Elles ne sont pas faites pour eux.
J'ai les zygomatiques bloqués à force de réagir aux bonnes blagues de notre ministre.
Parce qu'elles ne concernent pas que l'enseignement spécialisé ...
Il y en a pour les remplaçants (en classe les remplaçants, et des vacataires retraités ou étudiants pour pallier aux congés maternité ou autres), l'école maternelle sur la sellette aussi quoiqu'on en dise, le lycée avec un tronc commun sans histoire géographie entre autres...
vendredi 17 octobre 2008
RASED ? Qu'es-aco?
petit échange avec des adultes:
- ...
- C'est quoi ton boulot?
- Instit.
- Et t'as quoi comme classe?
- Je n'ai pas de classe, je circule sur plusieurs écoles ...
- Ah, tu es remplaçante?
- Non, je suis spécialisée, je ne travaille qu'avec des enfants en difficulté.
- Ah, oui, tu travailles à La Paillade !
- Non, dans les villages autour d'ici ... Je fais partie d'un RASED.
- ???
- ...
petit échange avec un groupe d'élèves en difficulté, en début d'année :
- Moi, j'aime bien l'école, surtout la cour.
- Moi, je suis encore petit, j'ai le temps pour apprendre.
- Moi j'arrive rien faire.
Aucun élève, quelle que soit son origine, n'est à l'abri de la difficulté à l'école. On commence généralement par des moyens ordinaires : on peut encourager l'élève, adapter son travail, l'inciter à l'effort, lui accorder des heures de soutien. Mais il arrive que ça ne suffise pas !
Depuis 1990, l'Education Nationale, a mis en place les R.A.S.E.D : Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté. Tout élève, quelle que soit son école, peut bénéficier d'une aide adaptée.
Des enseignants spécialisés (Rééducateurs appelés aussi Maîtres G, Maîtres E ), accompagnés de Psychologues scolaires apportent des aides spécifiques sur le temps scolaire.
Ces actions concernent chaque année plusieurs centaines de milliers d'élèves et leur permettent de retrouver l'envie d'apprendre, le plaisir de réussir.
On pourra désormais écrire ces quelques lignes au passé:
le ministère de l'éducation nationale a prévu de supprimer 3000 postes d'enseignants spécialisés au sein des RASED dès la prochaine rentrée, et le restant pour 2010.
Cette décision porte préjudice à tous les élèves et à leurs familles, elle constitue une régression du service public.
Mais qu'adviendra-t-il des élèves en difficulté avec qui je travaillais?
Petit calcul : je prends en charge 60 enfants (en moyenne) dans l'année, quand ne serait-ce que 10 d'entre eux sont remis sur les rails de la réussite, est ce que ça ne vaut pas le coup? Sachant que sur un plan national on peut multiplier ces 10 par 7000 (7000 enseignants spécialisés)?
Pour un peu plus d'infos, je vous propose un morceau choisi sur France Culture.
N'ayez pas peur, lancez la lecture, ça dure moins de 4 minutes.
Et je réponds à toutes les questions que vous poserez sur cette "mystérieuse" profession en voie de disparition.
Je vous invite à signer la pétition en ligne. (clic ici )
un article en ligne sur l'express (clic ici ) et des reportages à écouter sur France Info (ici)
jeudi 16 octobre 2008
RASED France Info - Chroniques
cliquez sur les différents boutons " lecture" sur la page France Info, (clic sur le titre)
mercredi 1 octobre 2008
petite fable
Il serait temps de mettre un petit quelque chose sur ces pages!
Une certaine morosité, c'est vrai, s'est installée ...
Ne pas se laisser submerger ...
Mais bon ... pas de nouvelles fracassantes, pas de scoop municipal ...
J'ai juste envie de vous faire découvrir une petite fable végétale qui pourrait être locale ...
J'emprunterai bien la morale à Jean de La Fontaine:
Font plus que force ni que rage
Découvrez Les Wriggles!
Rêvait de voyager
Mais elle était captive
D'un rameau d'olivier
Elle tannait ses copines à longueur de journée
Avec les Philippines et Saint-Germain-des-Prés
Tu sais bien que notre vie finira dans un panier
On est né pour faire de l'huile d'olive
C'est comme ça c'est la nature
Et c'est très bon avec les endives
Comme elle avait la verve vive elle prit à partie le soleil :
"Vous Monsieur vous tournez près de vingt-quatre heures par jour

Le monde vous le connaissez vous en avez déjà fait l'tour
Moi je suis prisonnière de cette grosse branche en bois
Dites-moi donc c'qu'il s'passe sur terre
Oh oui siouplaît racontez-moi..."
Tu sais bien que notre vie finira dans un saladier
On est nées pour faire copines avec les endives
Le soleil lui y s'en tape y connaît rien à l'huile d'olive !
Et lui dit rayonnant d'amour : "Je vais commencer au début"
Au bout d'une dizaine de mois
Il finissait le préambule
Le big bang et tous ces trucs-là
La naissance d'une première cellule
Et Julie l'écoutait passionnée attentive
Ouvrant grand ses oreilles pour n'en point perdre un mot
Mais hélas la vendange tardive des olives Coupa leur entretien avec tout le rameau
Cette fois Julie c'est terminé
Allez monte dans le camion qui nous emmène chez Puget
T'étais née pour faire de l'huile d'olive
Maintenant tu fermes ta gueule et tu dis bonjour aux endives!
De lumière l'avait gavée pendant qu'il contait ses histoires
Et arrivée au pressoir
Le propriétaire agricole eut besoin d'une chaise pour s'asseoir
Et s'écria :

"Oh la bestiole !
Crénom de nom
C'qu'boudiou j'hallucinions
Par les balloches du cornu
J'ai dû abuser du litron
Cette olive on dirait
Qu'c'est la couille de Godzilla
Va m'en falloir des endives
Pour me contenter c'te bête là" !
Et Julie que la joie inonde
Grâce au miracle de la nature
S'est tapée quatre tours du monde
Dans les salons d'l'agriculture
Dans les salons d'l'agriculture.
vendredi 5 septembre 2008
ciel de septembre
Découvrez Michel Jonasz!
mais je sais que certains n'en auront pas profité ...
En général, il m'inquiète toujours un peu,



















